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Ici ou ailleurs, quel est le choix idéal pour le jeune haïtien ?

De nos jours, les jeunes haïtiens sont confrontés à de sérieux problèmes. Rester enHaïti afin de lutter pour le changement s’avère être un véritable casse-tête chinois. D’une part, il y a ceux qui se disent patriotiques et bravent toutes embûches car, soutiennent-ils, celles-ci font partie du processusd’un pays régénéré.D’autre part, des jeunes, ne pouvant plus succomber au lourd fardeau que leur inflige leur pays, partent en quête d’un Eldorado, un horizon bien meilleur que leur sien. Cependant, que faire concrètement pour ne plus vivoter dans ce pays où misère et saletés animent nos quotidiens ?

Chaque année, nombreux sont les haïtiens qui laissent le territoire pour aller s’installer dans un pays étranger. Cette diaspora s’étend partout. En dépit des diverses démarches pour la plupart fatidiques, des obstacles dus à la hausse des prix de tickets et des refus grandement occasionnés au consulat, plusieurs parviennent à effectuer ce saut. D’autres sont écartés, faute de moyens financiers. Ces jeunes, pour la plupart, se plaignent de n’avoir aucun autre recours. Ils redoutent l’effondrement de leurs rêves, en raison de l’accès restreint aux universités nationales, à la médiocrité de la qualité de l’éducation ou encore au manque de variété dans les choix des filières proposées et la situation cauchemardesque de notre pays. Il semble évident qu’ils ne veulent pas se faire descendre ou séquestrer, qu'ils ne veulent pas continuer à vivre dans la crasse, qu'ils ne peuvent s'adonner à leur rêve de toujours dans un pays banditisé. La plupart d’entre eux sont mécaniciens, marchands, chercheurs, informaticiens, médecins, professionnels hautement qualifiés issus de la classe moyenne et contraints à un chômage corsé. Ils choisissent d’aller vaquer ailleurs plutôt que de repartirdans leur pays d’origine. Ainsi, notre Haïti se vide de sa matière griseet de ses compétences. Partir en quête d'une vie meilleure, est-ce le problème ? Si l'on prend en compte deux des cadres influents de la politique asiatique tels que le Japon et la Chine, nombreux sont les jeunes de ces pays qui, jadis, se sont donnés pour mission d'aller puiser des connaissances en Occident ou chez les nord-américains. Leurs pays confrontaient dès lors de grandes difficultés et ces jeunes se sont dits bel et bien près pour plier bagages vers l'extérieur mais avec la ferme


certitude de rapporter ces connaissances acquises vers leur pays d'origine. Le constat est clair, l'un devient une sommité en mécanique automobile et l'autre concourt à la première puissance économique mondiale. En ce sens, le mal dans tout ceci n'a jamais été la question de laisser le pays mais plutôt de le laissersans même penser à y retourner avec des intentions constructives. « Les jeunes sont l’avenir du pays ! ». On a souvent tendance à répéter cette phrase jamais prise au sérieux. Mais de quels jeunes ? De quel demain parle-t-on si le présent n'est même pas encore au point ? Le jeune d'aujourd'hui est ce masturbateur de rêve à une allure trépidante prédestiné à sillonner entre le futur et son présent sulfureux. C'est en ce sens que beaucoup s’oriente vers l'extérieur. Cela ne veut pas dire qu'ils éprouvent de la dépréciation envers leur pays mais plutôt envers certains dirigeants qui ne se battent que dans le but de servir leurs seuls intérêts. Cependant, qu'adviendra-t-il de ce pays si la situationreste inchangée ? Inutile de s'attendre à un éventuel changement si l’on garde la bouche close. Inutile, si l’on fait passé nos choix électifs pour de simples billets. Inutile, si au lieu de la quiétude et la stabilité, l’on se complait à être acteur actif du ‘’ Pays-lock ’’. Face à de telles situations, il nous incombe de poser des actions que nous croyons favorables pour le pays. Car cela relève du devoir du citoyen. Si l'on reprend cette phrase du discours de l'ancien président américain John Fitzgerald Kennedy : « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais demandez vous plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays. » On peut constater son fort dévouement pour conscientiser la population et surtout les jeunes à œuvrer eux-mêmes au rehaussement de l'éclat de leur pays bien qu’il soit une superpuissance. Quid d’Haïti ? Ici les jeunes, pour la plupart, sont en quête de parrainage sitôt bouclé leurs études universitaires. L'incertitude de trouver un bon emploi auquel s’ajoutele contexte moribondqui nous gangrène augmente leur frustration. L’on aura beau explorer maints horizons mais Haïti restera toujours ce pays de cœur, cette mère porteuse d’espoir qui attend impatiemment notre retour. Incongrue devient cette attente lorsque l’on sait que nos dirigeants sont de prime à bord des dirigés. Comment le jeune peut-il combattre les corrompus, la famine, l'insécurité à lui seul ? Somme toutes, il est à reconnaitre que le jeune peut totalement vivre dans son pays et espérerun brin de changement mais celui-ci ne pourra se faire sans lui. Toutefois, partir en


quête d'une vie meilleure ne constitue pas un crime. Les seuls crimes que l’on commet, c’est partir sans agir dans l’intérêt d’un meilleur avenir ; c’est nier le fait d’être haïtien ; c’est se montrer indifférent aux problèmes qui surgissent constamment et qui mettent à mal notre pays.

Luckensly LUMA 
Étudiant, Sciences politiques, 
INAGHEI Kenslyluma2002@gmail.com
 

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